À propos
Faouzia Rejeb, Directrice du Programme-Festival Mashup Culture®, et notre équipe éditoriale s’allient pour retracer les grands styles et courants musicaux du Maghreb et du Moyen-Orient. Ici, on part du côté du Levant pour redécouvrir les grandes figures de la dabké (dabke ou debke au Levant, debka ou dabka dans le golfe Persique). À la fois musique, danse et rituel collectif du Liban, de la Palestine, de la Syrie et de la Jordanie, la dabké est historiquement liée aux rassemblements festifs (fêtes, mariages, travaux agricoles, etc.).
Forte d’une dimension identitaire, elle est un marqueur puissant d’une forme d’expression culturelle préservée tout au long de l’histoire des peuples du Moyen-Orient. Symbolisant la cohésion et la célébration, elle se danse en ligne ou en demi-cercle. Les danseuses et danseurs se serrent la main et les épaules pour signifier cette cohésion. En arabe, dabké « دبکة » signifie « coup de pied », un terme qui reflète sa rythmique puissante, fondée sur une pulsation appuyée et des frappes de pieds. Structurée autour de cycles répétitifs, son instrumentation traditionnelle mêle percussions (tabla/derbakke, daff), vents (mijwiz, arghul, nay, flûtes) et souvent l’oud.
Et concrètement ?
Des artistes majeurs comme Fairuz, les frères Rahbani, Sabah, Samira Tawfik ou Tony Hanna ont joué un rôle décisif dans le passage de la dabké du cercle villageois aux scènes, aux radios et aux écrans, en lui donnant une portée symbolique nouvelle pour les peuples du Levant. Fairuz et les Rahbani ont façonné un théâtre musical où fêtes rurales et danses en chaîne deviennent l’image poétique d’un Liban rêvé ; Sabah et Samira Tawfik ont incarné des figures féminines fortes, ancrant la dabké dans la fête, la terre et la convivialité ; Tony Hanna a imposé un style scénique marqué par les costumes folkloriques. Ensemble, ils ont fait de la dabké un langage commun de fierté, de mémoire et parfois de résistance, un signe d’appartenance et un lien culturel durable, qui se renouvelle et résonne plus que jamais auprès des nouvelles générations.
Faire perdurer la mémoire et l’apport humain et culturel des grandes figures artistiques du Moyen-Orient et du Maghreb, valoriser la diversité artistique et culturelle, inviter les jeunes à se reconnecter à leurs histoires et à créer de nouvelles œuvres hybrides en partant de leurs identités plurielles : tels sont les leitmotivs de Faouzia Rejeb, éternelle passionnée et spécialiste des arts des mondes arabes, à la tête du programme jeunesse Mashup Culture®. Sous le patronage de la Commission nationale française pour l’UNESCO, ce programme-festival se déploie tout au long de l’année sur différents axes pour valoriser la diversité culturelle et donner la parole à la nouvelle génération. Mais Mashup Culture®, c’est surtout un concours annuel où les jeunes (collèges, lycées, universités) réalisent une création audiovisuelle qui illustre leur récit de vie, leurs inspirations culturelles et artistiques, et leur regard sur la multiculturalité et les forces de l’hybridation des cultures.
Le lien vers la playlist : https://open.qobuz.com/playlist/51414682
— Article co-écrit par Qobuz et Faouzia Rejeb

