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Au-delà du décor, qu’est ce que voyager implique pour nous et pour les autres ?

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Voyager est une expérience unique : depuis l’idée de la destination, jusqu’au jour de retour où on attend déjà le suivant. Alors lorsque j’ai découvert certains des merveilleux courts métrages proposés par les jeunes du concours Mashup Culture, j’ai tout de suite repensé à mes propres voyages.

Durant mon enfance et encore aujourd’hui, j’ai eu le privilège de visiter les Cinq Continents. Tous ces voyages m’ont marqué, autant par la beauté des monuments et des paysages que par les histoires passionnantes qui entourent chaque personne et chaque rue.

On a beau voir des images ou se renseigner, les visiter reste une expérience unique et personnelle qui dépasse ce qui peut nous être présenté. Alors, qu’est-ce que nous apporte le voyage ? Y a-t-il un « mode d’emploi » de la découverte ?

Voyager, c’est se mettre à la place de l’autre

Au cours de mes voyages, s’il y a bien une chose qui m’a le plus frappé, c’est le comportement des touristes à l’égard des populations locales. Certains ne prennent pas en compte leurs modes de vie et coutumes. Un des exemples les plus communs de comportements irrespectueux serait pour moi les touristes qui rentrent parfois dans des lieux de culte avec des tenues inadaptées. Diverses mosquées et églises tentent de réguler ce phénomène, mais en vain. De même, les modes de communications peuvent différer. Des gestes peuvent avoir des significations opposées. En Grèce, Iran, Russie ou encore dans une partie de l’Afrique de l’ouest, le pouce en l’air peut être perçu comme une insulte, alors qu’il est banal dans notre culture. Internet peut alors se révéler utile pour éviter des situations périlleuses… Des internautes se sont donnés pour missions de répertorier ces signes ambigus, comme ici. Pourtant, la beauté du voyage réside dans la découverte de l’inconnu et d’habitudes éloignées des nôtres. Il est donc essentiel de se renseigner sur les pratiques culturelles et les coutumes des destinations visitées. La curiosité et la communication deviennent alors des passerelles essentielles : elles préviennent les maladresses et témoignent d’une réelle volonté de comprendre l’autre et de le reconnaître.

Voyager, c’est aussi savoir ou l’on met les pieds

Tous les pays ont des histoires fascinantes et parfois bouleversantes qu’il est très intéressant de connaitre, dans le cadre de notre culture générale mais également pour savoir où l’on met les pieds. Ne pas faire ce travail de réflexion avant d’aller dans un pays conduit parfois certains touristes à réduire le voyage à une activité passive, où tout serait dû, sans nécessité de s’impliquer. Certaines villes comme Bali sont rongées par le capitalisme et la colonisation. Il est donc important de savoir que si la ville propose autant de services qui nous intéressent et qui nous font nous sentir aussi bien, c’est au détriment des populations locales alors recluses dans des zones éloignées des touristes mais proches des déchets en attente d’être incinéré. Voyager peut alors être vu comme renforçant des inégalités sociales déjà présentes. Également, savoir que les travailleurs que l’on pourrait voir jouer au cricket ou se reposer sur les pelouses de Dubaï, sont ceux qui permettent à la ville de fonctionner mais qui, dès le soleil couché, sont renvoyés à l’extérieur, loin du regard des touristes. Ces mêmes travailleurs étrangers à qui on confisque le passeport pour qu’il ne puisse pas quitter le pays comme bon leur semble. Une pratique aussi appliquée aux maids ou nourrices, souvent d’origine philippine qui s’occupe des enfants d’expatriés ou de locaux aisés.

Ainsi, il est pour moi nécessaire d’adopter une vision du monde qui soit tournée vers une compréhension du pays et de son histoire. Voyager, c’est constamment réapprendre ce qu’on pensait connaitre. C’est avoir la possibilité d’entendre les témoignages des populations locales qui peuvent être parfois éloignés de ce qui nous est « vendu » en Europe. Réduit bien souvent à une activité divertissante et dénuée de contraintes, le voyage est pourtant un puissant vecteur de compréhension du monde, tant sur le plan historique que social.

Voyager, c’est avant tout un privilège

J’ai compris, dès le plus jeune âge, que voyager était un privilège en voyant que tout le monde ne partait pas autant que moi.

Que cela soit une ville proche ou éloignée de chez nous, voyager est un coût. Premièrement, un coût au niveau du transport parce qu’il faut dépenser beaucoup d’argent en billet d’avion ou de train. Les compagnies trouvent maintenant des moyens pour nous faire payer plus en fonction de l’heure, de la période à laquelle on consulte le site et même en fonction de l’intérêt que l’on porte à la destination. Le prix des billets est également lié à la destination souhaitée, plus on s’éloigne, plus le prix sera élevé. Finalement, le coût de la vie sur place doit aussi être pris en compte. Par exemple en Turquie, il faut compter 50 euros pour visiter les monuments les plus grandioses de sa capitale comme la mosquée Aya Sofia. Tandis que d’autres villes en Europe font en sorte de donner l’accès gratuit à ses monuments pour les étudiants qui résident dans un pays de l’Union Européenne.

Ensuite, il faut avoir du temps pour d’organiser ce voyage. Savoir quand partir car certaines personnes n’ont pas la chance de pouvoir prévoir leurs dates de vacances, il faut avoir la possibilité de prendre des jours de congés, faire en sorte d’en prendre assez et au bon moment. Partir en vacances est en règle générale accessible surtout aux personnes issues de classe supérieur qui ne font pas face aux mêmes contraintes budgétaires. Puis il y a la recherche du logement, il faut qu’il corresponde aux critères de tout le monde et rentre dans le budget vacances. En tant qu’étudiant, Airbnb est alors la plateforme par excellence. Elle nous permet une grande autonomie et un accès à des logements convenables pour un prix bien moins élevé que ce qu’aurait pu nous couter une chambre d’hôtel. Le problème est que ces logements réservés aux étrangers sont, pour une bonne partie de l’année, vacants. Cela empêche alors les locaux d’avoir accès aux logements dont ils auraient besoin à l’année. Des habitants de Madrid par exemple,  manifestent publiquement leur désapprobation vis-à-vis de ces bed and breakfast à l’aide de stickers du type « Fuck Airbnb » qui signifie « On emmerde Airbnb ». Il y a également la recherche des billets et des activités. Je ne suis pas forcément très organisée dans ma vie personnelle, mais je sais que les voyages fait sur un coup de tête sont pleins de surprises qui ne sont pas forcément toutes très sympathiques. Alors quand il est déjà compliqué de planifier une simple sortie aux restaurants entre amis, un voyage peut paraître impossible.

Heureusement, avec quelques astuces sous le coude on peut réussir à trouver des offres avantageuses ! Il existe des agences de voyage qui s’occupent de toute cette logistique à notre place et au prix que l’on souhaite. Concernant les billets d’avion, il est conseillé de les réserver plusieurs mois à l’avance, se mettre en navigation privée et les prendre à des moments stratégiques ( en général le mardi matin à 3h).

Voyager est alors un privilège qui se fait ressentir tant au niveau du prix final que de l’organisation.

Voyager, entre détente et apprentissage

Pour finir, je pense que voir le monde ne devrait pas être si contraignant et que nous devrions tous pouvoir quitter notre ville pour aller à la rencontre de l’inconnu. Voyager, c’est combiner relaxation, plaisir et découverte, tout en apprenant. Il faut tout de même être conscient de notre impact au niveau local. Cela implique un renforcement des inégalités sociales déjà présentes et c’est alors à nous de faire en sorte d’aller vers des échoppes ou des logements qui sont gérés par les populations locales elle-même plutôt que de dormir dans des grandes chaînes d’hôtels. En somme, utiliser son privilège de touriste pour contribuer à l’économie locale qui ne bénéficiera pas seulement aux plus riches.

Alors si vous en avez l’occasion, réservez ce billet pour votre destination de rêve. Avec un sac à dos ou avec une valise bien remplie, vous ne regretterez jamais de quitter la grisaille et le train-train quotidien !

— Article rédigé par Mina DEIVA

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