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Se protéger psychologiquement face à l’agressivité dans le monde

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Le festival international des idées de demain

Le festival Et Maintenant ? 2025 se présente comme un véritable festival international des idées de demain. Organisé par ARTE en collaboration avec La Gaîté Lyrique, le samedi 18 octobre à Paris il a mêlé ateliers, rencontres et discussions, il s’agissait d’un véritable espace de réflexion pour repenser notre rapport à l’humain, à la technologie, au vivant et à l’actualité. 

C’est particulièrement ce dernier sujet qui m’a amenée à assister à la table ronde animée par le magazine Psychologies. Accompagnée de Jérôme Palazzolo, psychiatre et auteur de Petit Traité de self-défense psychologique ainsi que de Michael Stora, psychologue et psychanalyste, Aurélie Marcireau, rédactrice en chef adjointe de Psychologies mène la discussion. 

Comment comprendre nos réactions face à l’agressivité et au stress?

Qu’est ce qu’un hater? Est-ce une personne renfrognée, derrière son écran, avec sa capuche, à moitié dans le noir qui, avec son ordianteur, diffuse de la haine, des insultes, parfois des menaces? Est-ce un.e adolescant.e frustré.e, qui, dans sa colère, critique le corps d’un. autre, posté sur les réseaux sociaux? Est-ce une personne lambda, qui, décide en prenant son petit-déjeuner d’harceler la jeune femme qui vient de se lancer sur ses réseaux sociaux, pour faire valoir sa marque?

On a tous des préjugés, des images toutes faites des haters, ceux qui donnent leur avis négatifs, gratuitement, souvent véhément, insultant et parfois violent. 

Mais lors de la table ronde, Jérôme Palazzolo et Michael Stora nous expliquent que l’agressivité en ligne, souvent elle vient d’une frustration ou d’une injustice sociale ressenties par la personne qui commente. Souvent, derrière un commentaire haineux, on retrouve quelqu’un qui cherche juste à faire valoir sa voix, à trouver sa place, à exister. 

Là, c’est une question de communication, de distance, d’écoute et de posture. 

Lorsque l’on voit un post qui porte atteinte à nos valeurs, à nos croyances, on se sent attaqué, blessé parfois. Dans ce cas là, nos neurones miroirs nous poussent à reproduire le comportement d’en face. Quelqu’un crie, on crie. Quelqu’un se met en colère, on réplique. Comprendre ce mécanisme, c’est déjà le désamorcer.

Comment se protéger?

Aujourd’hui, il est presque impossible d’échapper aux flux d’informations. Entre les notifications, les réseaux sociaux, les chaînes d’info en continu et les plateformes de défilement rapide, l’actualité nous parvient sans interruption. Pourtant, se couper totalement du monde n’est ni réaliste ni souhaitable : ce n’est pas se protéger, c’est s’isoler.

La véritable protection mentale repose plutôt sur une gestion consciente de l’information. Limiter la saturation ne veut pas dire se déconnecter entièrement, mais choisir comment, quand et où l’on s’informe. Cela peut passer par une réduction du temps passé sur les réseaux sociaux et/ou la consommation des médias plus lents (radio, presse écrite, formats longs), ou encore par l’évitement des plateformes conçues pour capter l’attention par le scroll infini (TikTok, Reels Insta..).

L’enjeu principal est celui de l’équilibre : rester informé sans être submergé. La surcharge informationnelle est l’une des sources majeures d’anxiété aujourd’hui. Face aux catastrophes naturelles, aux conflits armés, à la crise climatique, et plus largement aux tensions globales, il est normal de ressentir de la peur ou de l’inquiétude. Ce qui compte, c’est de poser des limites pour éviter l’épuisement émotionnel.

Se protéger ne signifie donc pas fermer les yeux, mais adopter une consommation d’information plus lente, plus choisie et plus maîtrisée. Cela passe par la sélection des médias d’informations, par les moments où on choisit de s’informer et par des moments de déconnexion.

Conclusion

Cette table ronde du festival Et Maintenant ? 2025 a rappelé une évidence que l’on oublie souvent : face à l’agressivité du monde, la véritable protection ne réside ni dans le repli ni dans le déni, mais dans la compréhension. Comprendre nos réactions, comprendre les mécanismes psychologiques qui nous traversent, et comprendre aussi ce qui pousse parfois l’autre à s’exprimer avec violence.

Ils nous rappellent que nous ne pouvons pas contrôler l’actualité, ni la colère des autres, mais nous pouvons apprendre à mieux nous positionner : choisir nos sources, ralentir nos consommations médiatiques, reconnaître nos limites, prendre du recul avant de réagir. Bref, redevenir acteurs et non victimes de notre vie mentale.

Se protéger psychologiquement, aujourd’hui, c’est avant tout rester lucide sur notre consommation des médias, il faut essayer de rester connecté au monde sans se laisser engloutir.

— Article rédigé par Clara DEBAUVAIS

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