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Baya ou l’icône de la peinture arabe

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Une artiste de génie

BAYA CULTURE ARABE
© Baya/Alberto Ricci ; Anom Archives nationales d’Outremer

Plus connue sous le pseudonyme de Baya, l’artiste algérienne Fatma Haddad Mahieddine a laissé une empreinte significative dans le monde de l’art, particulièrement dans la culture maghrébine. Elle est née en 1931 à Bordj el-Kiffan, en Algérie, et Marguerite Camina l’a recueillie pour qu’elle puisse travailler en tant que servante après la perte de son père. Cette dernière, elle-même peintre, remarque alors le génie artistique de la jeune fille et l’encourage à cultiver son talent. Dès l’âge de 16 ans, ses œuvres sont exposées par le galeriste Aimé Maeght ce qui propulse la jeune fille sur la scène artistique jusqu’à la guerre d’Indépendance qui marque l’Algérie en 1954. L’année précédent la guerre, Baya épouse le musicien El Hadj Mahfoud Mahiedinne et met en pause sa carrière naissante pour se consacrer à l’éducation de ses six enfants. Baya l’icône de la peinture arabe 

Une peintre visionnaire, un emprunt à la culture maghrébine

Originaire de Kabylie et ayant passé son adolescence en France, sa double culture a façonné le parcours artistique unique de la jeune peintre. Son art décrit comme particulier et original combine sa culture populaire algérienne kabyle et arabe à des influences modernistes. Cet emprunt à l’art traditionnel algérien se mêle au caractère novateur de la jeune peintre qui aborde divers sujets dans son art. Cette dernière y explore des thèmes féminins accordant une place centrale à la femme et à la nature dans son art.

Tableau de Baya avec un paon
© Baya, icône de la peinture arabe – Collection particulière. Photo : Alberto Ricci

Elle y représente notamment des femmes dans leur jardin, vêtues de robes aux motifs divers, tels que des fleurs, des oiseaux ou des papillons fondus à des points et des lignes, le tout dans des couleurs vives et lumineuses. Ces femmes, dont elle les surnomme « femmes au talisman », sont un clin d’œil à ses origines kabyles. Ce retour à sa culture se retrouve également dans ses natures mortes où les instruments de musique sont souvent représentés. Elle y peint l’oud (le luth arabe), la kouitra (autre forme de luth), le rebab (vielle) ou la mandoline. Ces instruments traditionnels arabes incarnent les goûts culturels d’une société algérienne qui redécouvre la musique arabo-andalouse au moment de l’indépendance. Grâce à son talent, Baya participe à réaffirmer cette culture collective effacée par près d’un siècle et demi de colonialisme. Ainsi, l’art de Baya reflète la vie quotidienne, la nature et les traditions de l’Algérie dans un style unique et harmonieux. Baya l’icône de la peinture arabe 

Un art doux et symbolique

« Je peins ce que je sens. Je suis agacée quand on me demande ce que je veux exprimer à travers ma peinture. Je vous donne le droit d’y trouver ce que vous désirez (…) Moi je peins. À vous maintenant de ressentir. » – Baya 

Si l’artiste se refuse à donner un sens strict à ses œuvres, son art parfois presque abstrait nous parle et nous interroge ; pourquoi l’oiseau, le papillon ou la femme sont omniprésents ? Pour Anissa Bouayed, spécialisée sur les questions sociales et culturelles de l’Algérie à l’époque coloniale et postcoloniale, l’art de baya est empreint d’une spiritualité profonde, empli de métaphores, l’oiseau incarnant ainsi, l’âme des instruments et des femmes. Son regard, semblable à celui des femmes, devient symbole de vigilance et d’ouverture sur le monde. L’art de Baya s’inscrit dans une quête de liberté en élaborant un univers sans limite et sans barrière, c’est ainsi que l’artiste nous fait voyager grâce à ses peintures. Baya l’icône de la peinture arabe 

Une icône pionnière​

L’empreinte de Baya dans la culture maghrébine réside non seulement dans son travail artistique, mais aussi dans son rôle en tant que figure emblématique qui a contribué à façonner le paysage artistique de l’Algérie. Elle a ouvert la voie à de nombreuses artistes féminines et a démontré que l’art pouvait être un moyen puissant de célébrer l’identité culturelle. Baya est également importante en tant que symbole de la rencontre entre les traditions artistiques locales et les influences modernistes, illustrant la richesse de la diversité culturelle en Algérie. Son travail continue d’inspirer les artistes contemporains et de servir de pont entre les générations, créant ainsi un héritage durable dans la culture maghrébine.

Article rédigé par Célia Houamed qui fière de sa culture vous invite à découvrir la culture maghrébine. Dans le cadre du module Situations et supports de communication dirigé par Faouzia REJEB.

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